AMOTO Tisse sa Toile, sur la route du Lin !
- 7 avr.
- 11 min de lecture

Du vendredi 03 au lundi 06 avril, 25 membres du Club, se sont retrouvés dans les Côtes d’Armor, à la Ferme Equestre de Saint Bihy très exactement.
Sur une idée originale de notre compère Philippe (Gazoline) nous sommes partis à la découverte d’un riche passé de cette région, celui de l’univers du lin et de l’histoire manufacturière du textile en Bretagne entre le milieu du XVIIe et la fin du XXe siècle. C’est pourquoi Soazig, la compagne de Philippe, a baptisé ce weekend « AMOTO Tisse sa Toile » !
Vendredi 03 avril : Une partie de notre groupe se retrouve à Orgères vendredi à 16h45, pour un départ à 17h00.

La rocade de Rennes est bien encombrée en ce weekend de Pâques… Nous filons direction St Brieuc par la 4 voies et récupérons deux amis voyageurs à Montauban de Bretagne. Puis nos guides du weekend nous retrouvent du côté de Lamballe pour nous accompagner jusqu’à la ferme équestre, un gîte en pleine nature.
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Deux derniers participants, partis plus tard, nous rejoignent et le groupe est enfin au complet, nous sommes 25 à 15 motos.
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Distribution des chambres et chacun s’installe rapidement avant de se retrouver dans la salle commune ou Jacques POCHON, le propriétaire des lieux nous accueille.
Petite présentation : Jacques est guide diplômé et accompagnateur de tourisme équestre. Il organise depuis le début des années 80, des randonnées et stages à cheval avec un seul objectif : Mettre les cavaliers de tous niveaux à l’aise ! Sa structure, également appelée « Les Chevauchées Alter », s’inscrit dans une démarche de tourisme rural et durable : accueil en pleine nature, hébergement sur place et activités autour de la découverte des paysages bretons à cheval. Jacques est une figure locale du tourisme équestre en Bretagne, reconnue pour son expérience, son engagement pédagogique et son approche respectueuse du cheval et de l’environnement.

Comme de coutume lorsque nous nous retrouvons lors de ces weekends, nous ne manquons pas le traditionnel apéro que notre ami Philipe a préparé. Nous le remercions pour l’organisation de ce road trip et souhaitons la bienvenue à deux nouveaux membre William et Nathalie qui pour la première fois vont passer trois jours en notre compagnie. Les conversations vont bon train et le niveau sonore de la pièce monte crescendo… Puis un invité arrive, Patrik EWEN, qui va animer notre soirée. Mais qui est Patrik ??
Petite présentation : Patrik est un homme passionné. Passionné par les histoires, son territoire, les Monts d’Arrée et par la poésie. Chanteur-musicien et conteur, il aime raconter les petites choses du quotidien tout en gardant ses rêves d’enfants afin de mettre de la lumière sur la vie. Il faisait, au début de sa carrière, des ballades d’Irlande et d’Ecosse et aussi de Bretagne et suivant les endroits où il jouait, les gens ne connaissait pas l’anglais, à fortiori quand c’était de l’anglais écossais.
Il fallait alors un peu traduire les chansons pour que les gens puissent ressentir ce dont il parlait par ce que souvent ces chansons racontaient des histoires… Il a donc commencé à raconter et à force de raconter, finalement Il parlait plus qu’il ne chantait ! C’est ainsi que Patrik est passé de la musique à la parole, mais la musique fait toujours partie de sa vie et il joue de multiples instruments : violon, harmonica, guitare, banjo, mandoline, accordéon… En résumé : un “barde moderne” qui fait vivre et évoluer les contes bretons sur scène, entre tradition et création.

Nous passons à table. Un traiteur est venu préalablement nous livrer notre repas (poulet chasseur et tarte aux pommes), et les convives s’installent.
Diner avalé, tables débarrassées, nous faisons silence pour découvrir avec délectation la prestation de Patrik notre conteur d’un soir. Un spectacle mêlé de récits, de musique et de beaucoup d’humour, avec un style à la fois épique, poétique et profondément ancré dans la culture bretonne. Une belle découverte et un grand moment de bonheur au cours duquel rires et émotions se croisent.
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Il est 23h00, et notre conteur boucle sa représentation. Il prend congé de l’assistance sous des applaudissement nourris. Il est temps pour nous d’aller faire dodo…
Samedi 04 avril :
Nous nous retrouvons dès 07h30 pour le petit déjeuner. Notre guide nous demande d’être sur les motos à 09h00 précise, et la consigne est (comme d’habitude) respectée. Le soleil brille mais il fait frais, en cause un vent soutenu qui rafraîchit bien pilotes et passagères…
Les motards prennent la direction de Quintin, labélisée « Petite Cité de Caractère », à 7 kilomètres de notre gîte pour rejoindre son Château. Philippe a obtenu l’autorisation de garer nos montures dans la cour du Château.
Nous sommes accueillis par la propriétaire Caroline de Bagneux, mais comme nous sommes un peu en avance sur l’horaire, nous en profitons pour flâner et visiter le centre historique de Quintin.

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Notre groupe se sépare ensuite en deux. Une partie va rester visiter le Château et la seconde va, quant à elle, aller découvrir « La Fabrique – Atelier du Lin ». Votre rédacteur fait partie de ce groupe et c’est à pied que nous nous dirigeons vers ce petit musée.
A 10h00, nous sommes accueillis par Murielle qui sera notre guide pendant cette heure et demie de découverte. Une visite pédagogique et interactive qui retrace tout le parcours du lin, de la graine jusqu’à la fabrication de la toile. On y découvre notamment les techniques traditionnelles de tissage, et Murielle nous fait la démonstration d’outils anciens et nous permet de manipuler la matière brute au départ, puis travaillée ensuite. Nous abordons ainsi toutes les étapes de la vie du lin, de la graine jusqu’au tissus !
Notre guide nous rappelle le rôle majeur de Quintin entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle, période durant laquelle la ville était un centre important de production de toiles fines exportées à l’international. Notre visite se termine, nous avons découvert un site culturel accessible et vivant, idéal pour comprendre un savoir-faire local et un pan important du patrimoine breton.
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Nous retournons au Château, les groupes se croisent pour leurs visites respectives et Madame de Bagneux nous invite à pénétrer dans le bâtiment. Le Château de Quintin est un domaine historique emblématique de la ville bretonne. Connu pour sa particularité rare : il réunit deux châteaux dans un même parc, entourés de remparts et de jardins à la française. Construit à partir du Moyen Âge, il fut le siège d’une importante seigneurie bretonne et a appartenu à de grandes familles nobles (Rohan, Coligny, Choiseul…). Le site comprend aujourd’hui un château du XVIIᵉ siècle, resté inachevé mais remarquable par son ambition architecturale, un château du XVIIIᵉ siècle, aménagé et habité, qui se visite avec ses salons meublés et ses collections que la propriétaire des lieux nous commente avec précision. Ouvert au public depuis 1986, le château est à la fois un lieu de visite, d’expositions et de mise en valeur du patrimoine.
Un site chargé d’histoire, mêlant architecture médiévale et classique, qui permet de plonger dans plusieurs siècles de vie aristocratique bretonne.
Photos interdites à l'intérieur du château
Au terme de notre découverte, nous déjeunons sur place dans une grande salle à l’entrée du Château. Un bon repas dans une ambiance feutrée.
Nous quittons Quintin et nous dirigeons vers la petite commune de Saint-Connan pour visiter le Musée de la Résistance en Argoat, un lieu de mémoire consacré à l’histoire de la Résistance en Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous y sommes accueillis par Yannick, un retraité qui fait partie de l’association en charge de la gestion du lieu.
Installé sur le site de l’Étang-Neuf, il se situe à proximité de la forêt de Coatmallouen, où s’est formé en 1944 le maquis de Plésidy, impliqué dans les combats contre l’occupant et dans la libération de la région de Guingamp. Ce musée propose un parcours de visite vivant et pédagogique à travers cinq espaces thématiques : l’Occupation, la Résistance, les Maquis, le Maquis local de Saint-Connan et la Libération. L’ensemble s’appuie sur des témoignages, des objets, des documents et des supports audiovisuels. Notre guide nous commente les différents espaces complétant de ses connaissances les explications présentes.
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Notre visite s’achève et nous sommes invités à traverser la rue pour rejoindre Agnès qui est venue ouvrir pour nous la Galerie Livandour où une exposition est consacrée aux femmes résistantes en Iran.
Trois artistes iraniennes y exposent leurs œuvres en hommage à toutes les femmes engagées dans la résistance et la lutte contre l’oppression du régime des Mollahs. Une exposition qui ne laisse pas insensible dans la triste actualité du moment… Cette exposition éclaire d’une façon particulière le grand mouvement de révolte qui s’est levé depuis l’assassinat par la police, le 16 septembre 2022, de la jeune kurde iranienne, Mahsa Amini, à l’âge de 22 ans.
Puis nous quittons nos hôtes pour rejoindre notre gîte en ayant pris le soin préalablement de faire nos pleins d’essence à Quintin.
Comme la veille, un apéritif est prévu et notre traiteur nous livre le repas du soir, une excellente rougaille saucisses !
Il est 21h00 lorsque nous sommes conviés à nous rendre à l’extérieur du gite et dans le manège où le maitre des lieux va nous parler Cheval et partager sa passion du dressage.
Une soirée équestre « Ethologie équine » fort instructive pour qui n’y connait rien en équidés !!
Installés sur de grosses bottes de paille nous écoutons, en silence pour ne pas perturber sa présentation, les explications de Jacques et observons avec étonnement cette symbiose qu’il partage avec ses deux chevaux présents. Comme diraient les jeunes, un truc de Ouf !
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Fin du show et retour au gîte ou quelques-uns traineront un peu mais resteront raisonnables !
Dimanche 05 avril :
Nous nous retrouvons à nouveau dès 07h30 pour le petit déjeuner. Comme la veille un départ à 09h00 précise. Le soleil a disparu, et fraîcheur et grisaille sont de retour pour la trentaine de kilomètres à parcourir.
Philippe et Dom nous emmènent à la découverte du Chaos de Toul Goulic. Un site naturel spectaculaire situé au cœur d’une vallée boisée entre Lanrivain et Trémargat. Il se caractérise par un impressionnant amas de blocs de granite arrondis, formant un véritable « chaos » rocheux sur plusieurs centaines de mètres. Sous ces rochers, la rivière du Blavet disparaît presque entièrement, ne laissant entendre que le grondement de l’eau qui s’écoule sous terre. Ce paysage s’est formé il y a environ 300 millions d’années, sous l’effet de l’érosion et de l’action de l’eau sur le granite, créant ces gorges encaissées uniques en Bretagne. Arrivés sur place, nous garons nos motos et descendons en file indienne vers le lit de la rivière que nous entendons courir sous les rochers au fur et à mesure que nous nous en approchons… Une atmosphère mystérieuse, et un lieu sauvage et fascinant, mêlant curiosité géologique, nature préservée et imaginaire breton. Une jolie balade pédestre !
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Une fois le groupe reconstitué sur le parking, nous reprenons nos motos pour rejoindre le bar associatif, le « Tremargad Kafé » sur la commune de Trémargat, pour y boire un coup et pique-niquer (dans la fraicheur). Aujourd’hui dans cet endroit particulier, on y boit et on y mange des produits bio, locaux et artisanaux (pas forcément les trois en même temps…). Des soirées jeux, des lectures, des spectacles, des concerts, des projections de documentaires sont organisées… Une sympathique équipe nous accueille, et aujourd’hui dimanche une dégustation d’huîtres est proposée aux clients de passage (ou pas) : 6,00€ les six. Nos motards ne se font pas priés, et la proposition du jour rencontre un vif succès accompagnée d’un petit verre de vin blanc. D’autres dégusteront une excellent tome de brebis . Casse-croûtes avalés nous flânons dans le bourg aux villageois un peu particuliers mais ô combien sympas et bienveillants qui viennent à notre rencontre, et notamment Christophe, employé communal qui va chercher la clé d l’église pour que nous puissions la découvrir.
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Nous reprenons nos montures et prenons la direction de « La Route du Lin » qui rassemble deux sites muséographiques situés en Centre Bretagne : La Maison des Toiles à Saint-Thélo et l’Atelier Musée du tissage à Uzel. Une visite des deux sites a été organisée par Philippe. Deux sites qui présentent de manière complémentaire les productions de textile en centre Bretagne. A Saint-Thélo, est particulièrement évoquée la période allant de 1650 à 1850, comprenant l'apogée des toiles Bretagne appelées « Les Bretagnes » , tandis qu'à Uzel, la muséographie est plus précisément orientée sur la sauvegarde d'un savoir-faire, essentiellement de la fin du 19ème siècle et notamment la présentation d’une pièce maitresse : Un métier à tisser Jacquard.
Il est 14h30 lorsque nous atteignons notre première étape à Saint-Thélo et sommes accueillis par notre guide. Le temps de régler les billets d’entrées, nous ressortons pour avoir les explications de l’œuvre crée par le japonais Tadashi Kawamata « Mémoire en demeure » réalisée entre 2004 et 2006, cette œuvre consiste à réinvestir d’anciennes maisons de tisserands, témoins de l’activité textile aujourd’hui disparue dans le village. Plutôt que de créer une œuvre classique, Kawamata a transformé ces bâtiments en espaces artistiques vivants, en lien direct avec l’histoire locale du lin et du tissage. C’est une œuvre qui veut relier patrimoine, habitants et création contemporaine, redonnant vie aux maisons de tisserands et à l’histoire de Saint-Thélo.
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Puis nous revenons dans la cour devant l’ancienne et belle maison (1715), propriété de la famille Boscher De Langle, tisserand de son état. Philippe précise à notre guide que nous avons visité l’Atelier du Lin la veille, lui permettant ainsi de ne pas faire de redite sur certains sujets. Un passionné qui nous partage ses connaissances et nous permet de découvrir le parcours du lin, depuis la culture de la plante jusqu’à la fabrication des célèbres toiles de lin, très réputées entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle et exportées dans le monde entier et plus particulièrement dans les colonies d’Amérique du Sud.
Ce sont plus de 35 000 personnes qui vivaient du lin en Côtes d’Armor entre le XVIIe et le XIXe siècle. Le lin cultivé dans le Trégor arrivait en centre Bretagne pour être filé puis tissé sur les métiers à tisser à bras que possédaient les tisserands.
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Nous nous dirigeons ensuite vers Uzel, deuxième et dernière étape de notre après-midi. Une ville qui abritait l’un des plus grands marchés de toiles de lin de Bretagne. Installé dans des anciennes maisons de négociants toiliers et tisserands, l’Ateliers Musée du Tissage restent fidèles à la fabrication de toiles anciennes comme elle se faisait à l’époque.
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Il est 18h30 lorsque nous quittons UZEL pour notre dernière soirée dans notre gite.
Ce soir, notre traiteur nous a préparé une tartiflette salade suivi d’une salade de fruits. L’apéro précède évidemment le repas. Les voyageurs s’acquittent de leurs participation financière respective pour un weekend économiquement abordable !
En soirée, Jacques POCHON nous parle (longuement) des bienfaits de l’eau d’orage… Eau qui est décrite comme une « eau vivante » en raison de sa structure unique qui lui permet de potentialiser les vertus des autres eaux minérales. Elle est considérée comme bénéfique pour le bien être général et vient renforcer l’immunité.
Fin de soirée, et avant d’aller dormir les consignes pour libérer le gîte le lendemain matin. Un groupe d’irréductibles joue les prolongations dans la (très) bonne humeur…
Lundi 06 avril :
Petit déjeuner, rangement, nettoyage et à 09h15, nous quittons la Ferme Equestre de St Bihy.

Nous passons par Quintin où notre traiteur du weekend nous a préparé nos pique-niques, puis Philippe nous fait prendre la direction de la côte afin de la longer pour notre retour. Nous rejoignons Pléneuf-Val-André et faisons une pause-café / viennoiseries au bord de la mer à la Brasserie La Cotriade, en face l’Îlot du Verdelet. Un franc soleil nous accompagne et la journée s’annonce très belle.
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Nous continuons vers Erquy, passons un peu plus loin Sables d’Or les Pins, passons non loin du Cap Fréhel et de Fort Lalatte. Magnifique route côtière...
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Nous rejoignons ensuite un parking en face du Château du Guildo en bordure de l’Arguenon où nous faisons notre pause casse-croute. Nous apercevrons quelques phoques en position bronzette sur le bord de la rivière…
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Il est 14h00 et temps de reprendre la route !
C’est là que nous quittons nos guides costarmoricains Philippe et Dom et leurs conjointes, en les remerciant chaleureusement de l’organisation de ce beau et grand weekend culturel ! Une organisation au petits oignons, de belles découvertes et une ambiance de feu !
Un dernier signe de la main et nous quittons le Guildo pour 1h40 de route vers Orgères.
Fin du weekend qui restera assurément dans les mémoires de nos motard(e)s !
Un GRAND MERCI Philippe pour le gros travail en amont, et à notre reporter Kty pour les photos et vidéos !

























































































































































































































































































































































Un grand merci aux organisateurs et à vous tous. Toujours beaucoup de plaisir à participer.
Une très beau, bon et sympathique wkd avec les z'amis🏍🏍🏍
Des émotions... 💗
Un beau partage
Merci Phiphi, Soazig, Dom "Gps" 😀et Tatal.
Au plaisir de repartir 👍